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Les ouragans, cyclones, tempêtes tropicales font partie de notre histoire, de nos risques, de notre vie, de nos espoirs anéantis en une nuit. Avec courage les hommes et les femmes pleurent mais reconstruisent, rebâtissent et renaissent avec ardeur. Voici le récit du plus célèbre d’entre eux.
Généralités
Le mot « cyclone » vient du grec Kuklos qui veut dire cercle.
Jusqu’en 1986, le terme « cyclone tropicale » ne s’applique qu’aux perturbations susceptibles de causer d’importants dommages (vents supérieurs à 118 km/h). Ce terme désigne désormais toute perturbation tropicale tourbillonnaire :
• Dépression tropicale : inférieur à 62 km/h,
• Tempête tropicale : entre 63 et 117 km/h,
• Ouragan : supérieur à 118 km/h.
Ces derniers se répartissent en 5 classes sur l’échelle de Saffir-Simpson :
• Classe 1 : vent moyen compris entre 119 et 153 km/h,
• Classe 2 : vent moyen compris entre 154 et 177 km/h,
• Classe 3 : vent moyen compris entre 178 et 209 km/h,
• Classe 4 : vent moyen compris entre 210 et 249 km/h,
• Classe 5 : vent moyen supérieur à 249 km/h.
L’ouragan présente une structure caractérisée par une énorme masse nuageuse (dont le diamètre peut atteindre les 1500 km) organisée en bandes spiralées convergeant vers le centre, appelé : œil.
On recense 74 cyclones ou fortes tempêtes en 251 ans ayant affectées la Martinique et la Guadeloupe.
Sa naissance
Vous souvenez-vous de cet ouragan qui, dans la nuit du 16 au 17 septembre 1889, frappait la Guadeloupe avec une violence rare ? Il se prénommait Hugo. Il rejoint ainsi 4 autres ouragans qui ont marqué l’histoire des Antilles :
• Les 13 et 14 août 1766, la ville de St Pierre, en Martinique, fut détruite et compte plus de 400 morts, 600 blessés et 80 navires disparus,
• Le 12 octobre 1780, c’est l’ouragan le plus meurtrier des Antilles qui ravage la Guadeloupe et la Martinique avec plus de 9000 morts,
• Le 18 août 1891, l’ouragan du 19ème siècle qui détruit la Martinique avec plus de 700 morts,
• Le 12 septembre 1928, c’est la Guadeloupe qui subit une perte de plus de 1200 hommes, femmes et enfants.
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La Guadeloupe se remet difficilement de Gabrielle qui est passée quelques jours plus tôt au large de St Barth et de St Martin. C’est alors qu’un autre cyclone prend sa formation au Sénégal dans les mêmes circonstances que Gabrielle. Dès 2 heures du matin, il passe au stade d’ondée tropicale. Il est alors au large des îles Cap Vert. Le centre de Miami risque une prévision de trajectoire à 72 heures : Hugo sera situé par 16,0°N et 61,0°W le 16 septembre à 14 heures.
Le 17 septembre, à partie de 0 heure, l’œil de l’ouragan aborde la Désirade, Marie-Galante puis Grande-Terre. Il épargne ainsi de justesse la Martinique. Hugo continue sa route vers Montserrat, Antigue, St Christophe et Nevis puis menace sérieusement Puerto Rico.
Cet ouragan a soufflé durant 5 heures avec des vents de plus de 241 km/heure, raflant tout sur son passage. D’une largeur d’une trentaine de kilomètres et d’une hauteur de 12 kilomètres, Hugo a plongé la population dans la désolation la plus totale. Des vagues de 2 à 3 mètres accrochaient les bateaux aux arbres, brisaient les palmes des cocotiers des bords de mer pour détruire avec violence toitures et cases.
Malheureusement et comme souvent dans un cas exceptionnel, des marginaux, durant le passage du cyclone, ont dévalisé et pillé les rues de pointe-à-Pitre. Ils ont été rapidement appréhendés par la police.
20 ou 30 années de dur labeur furent anéanties en quelques heures. Mais c’est dans un grand élan de générosité et surtout de solidarité que les habitants, armés de scies et de marteaux, ont ramassé et déblayé la tôle et les branches mortes. Les habitants pansent leur plaie eux-mêmes en attendant la mise en place des aides gouvernementales.
Quelques chiffres
Pour la Guadeloupe, Hugo occasionne un total de 82 morts et environ 60 milliards de francs de dégâts. Quelques 107 blessés, 25000 sans abris et 35000 sinistrés. Les bananeraies sont détruites à 100 %, la canne à sucre à 60 % et les autres cultures vivrières à 85 %. Concernant les animaux, c’est 100 % de destruction pour les lapins et volailles, 80 % pour les porcins et 85 % pour les caprins.
Conseils pratiques
Mi-juin, début de la saison cyclonique, vérifier que tout le matériel est en place : éclairage de secours, réserve d’eau potable, radio, outillage, trousse de secours. Ecouter les bulletins météorologiques ou consulter les différents sites Internet : Ti-Bleu, SXM Cyclones, NHC…
Lorsqu’une pré-alerte est déclenchée, rester à l’écoute des bulletins météo et faire provision d’eau et de nourriture.
Quand l’alerte est finalement validée, garder son sang-froid, ranger tout ce qui pourrait souffrir du vent, coller des bandes de papier en croix sur les vitres, lester les voitures, fermer les portes, fenêtres et volets, obéir aux directives de la municipalité. Eloigner vous des bords de mer et des zones boisées.
Source : le service météorologique interrégional Antilles/Guyane
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