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Monsieur René Brisacier, alors directeur de l’usine de Grand’Anse et
représentant de la société de Monsieur De Retz, se rendit sur les lieux
de l’habitation Murat après le passage de l’ouragan du 12 septembre
1928. Il y ramassa plusieurs pierres dont la cartouche de la
gentilhommière qu’il ramena chez lui et déposa à même le sol.
La belle-mère de Monsieur Michel Joséphine, Madame Juliette Moïso, fit l’acquisition, en 1955, d’un immeuble situé rue Beaurenon à Grand Bourg. Elle découvrit cette cartouche restée au sol et en avertit alors Monsieur Joséphine, amateur de vestiges anciens. Ce dernier la conserva dans son jardin, petit écomusée personnel de Marie-Galante.
C’était une époque où le mot « patrimoine » restait inconnu de beaucoup de monde. Tout ce qui était ancien était très souvent jeté. Personne ne connaissait l’histoire de l’habitation Murat, sous les décombres et les ronces depuis de nombreuses années déjà. Les enfants de Grand Bourg y passaient de longs après-midis à chasser au « banza », la fronde. Au travers des yuccas, campêches, acacias, ils débusquaient moineaux, ortolans, grives, sucriers, pipiritts, rouge-gorges…
Quand la Société d’Equipement de la Guadeloupe (SODEG) décida de faire des recherches et de restaurer cette ancienne habitation, le Ministère des Beaux Arts fut mit à contribution. La directrice des travaux, après plusieurs entretiens avec Monsieur Joséphine, découvrir alors la cartouche dans son jardin et l’examina. De plus près on pouvait déchiffrer : DEM, Dominique Emmanuel Murat. Ce fut une découverte fabuleuse.
Monsieur Joséphine mit cette pièce à la disposition des travaux de restauration. Depuis, la cartouche orne à nouveau l’édifice de Murat, le plus beau de toute la Caraïbes. |