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Le Rhum et les Distilleries

Le Rhum de Marie-Galante

Pour qu'il y ait du rhum, il faut de la canne à sucre. Beaucoup de canne à sucre. Et Marie-Galante est recouverte de canne à sucre. Tapis vert tendre mouvant au gré des vents, des pluies ou des coupes. Les hautes tiges de feuilles coupantes sculptent le paysage de l'île du nord au sud. De l'est à ouest. Quand les hommes et les femmes, courageux, se penchent, sabre à la main, pour couper le pied de cette manne, la sueur dégouline durant les trop longues heures chaudes de la journée. 5 mois de récolte. De février à juin. De l'aube au crépuscule, les champs remplis de main d'oeuvre offrent un tableau coloré : bleu pour ces hommes penchés ou rouille pour ces tracteurs immenses qui déverseront ensuite leur production à l'usine de Grand Anse à Grand Bourg.

Mais bien avant les tracteurs modernes, les charrettes tirées par des boeufs puissants. Puis en 1867, le premier convoi ferroviaire à canne fait son apparition à l'usine Darbousier à Pointe à Pitre. Les autres usines emboitèrent le pas vers le chemin de fer pour favoriser leurs approvisionnements journalier de canne à sucre.
L'usine de Grand'Anse a eu son « tortillard » qui desservait ses principaux centres de transfert et de pesage. Après la pesée, les cannes des charrettes, déchargées à bras d'homme, étaient transportées dans des wagons à ridelles. Ce convoi était parfois long de plus de 100 mètres, tiré par une locomotive à vapeur chauffée au charbon de terre nommée : « diable la ». Ce petit train reliait les 4 gares de l'usine : Folle Anse, Trois Ilets, Maréchal et Trianon. Ce moyen de transport est arrivé à bout de souffle faute de pièces de rechange et s'est arrêté définitivement vers 1940.

Les Distilleries

L'histoire des distilleries de Marie-Galante, ne peut être énoncée, sans citer Albert GODEFROY qui fut le patriarche et le bienfaiteur. Il a aidé au développement des structures de l'île. Dans l'ancienne distillerie de Bellevue à Capesterre, il a tiré le rhum Magdala (Maria Galanda) vanté et apprécié de la population locale, des visiteurs de passage et parfois de goûteurs professionnels européens venus en mission pour sonder les distilleries du cru guadeloupéen. Atteint par l'âge, octogénaire, il a passé la main au plus jeune de la succession : Gabriel GODEFROY qui fonda la distillerie Bellevue. Puis il y eut la distillerie Poisson (1923) et enfin la distillerie Bielle. L'eau de vie extraite du vesou de la canne à sucre de Marie-Galante, est l'un des meilleurs rhums de la Guadeloupe. Toujours titré à 59 degrés, et très parfumé, il reste fidèle à la tradition et à sa qualité depuis de nombreuses décennies.

Rapide histoire du Rhum

Les habitations sucreries ont extrait, dès le XVIIe siècle, le jus de canne dans de petites installations rudimentaires de fermentation et de distillation du type charentais, appelé «alambic du Père Labat». Cette liqueur alcoolisée fut tout d'abord désignée sous le terme «tafia» qui tire son origine de l'Afrique.

Par la suite, cette liqueur fut appelée «Guildive». Ce mot proviendrait d'une déformation par les esclaves de l'expression anglaise « kill devil », tue le diable ! Au début de cette distillation, l'eau-de-vie obtenue était très violente pour l'organisme humain, d'où ce surnom. Jusqu'à la fin de la décennie 1950, ce mot Guildive étaient encore usité chez les Marie-Galantais.

Le mot «rhum» fit une apparition timide au début du XXe siècle pour rester définitivement la seule appellation de l'eau-de-vie extraite de la canne. Ce mot vient de l'anglais «rum» mais conserve une étymologie inconnue. Le terme Rhum est devenu une appellation spécifique mondiale depuis la législation internationale qui contrôle la commercialisation de l'eau-de-vie de canne.

La loi des finances du 31 mars 1903 concernant les fraudes et interdictions de transporter du rhum sans titre d'accompagnement, appelé « acquit », favorise et développe les moyens illicites de fabrication et de mouvements de cette liqueur. Le planteur de canne fabrique clandestinement son rhum, appelé «rhum habitant» où «rhum zombi». Le transport et la vente de ce Rhum se faisait en contrebande parfois même à la vue des «rats de cave», les agents des contributions indirectes. Ce rhum clandestin était, de temps à autre, transporté d'une manière parfois douteuse : acheminé dans des cercueils aménagés, salués pieusement par la population et les autorités de la répression des fraudes, lors de sa traversée de l'agglomération.

La destruction de la ville de Saint-Pierre par l'éruption de la montagne pelée, fut source de grand développement pour les distilleries de la Guadeloupe et pour Marie-Galante. C'est en effet en ce lieu que se situait une grande majorité des distilleries de la Martinique.

Marie-Galante a bénéficié de cette conjoncture exceptionnelle mais avec un profit financier moindre. Ses distilleries, d'anciennes habitations équipées de moulins à vents, étaient beaucoup plus petites que celle de la Guadeloupe. Jusqu'en 1912, la production de rhum de la Grande Dépendance était traitée uniquement par le procédé du moulin à vent. Ce n'est que tardivement que les usines se convertiront à la fabrication du rhum : Pirogue en 1916, Doro en 1917, Grand Anse en 1922, Bernard en 1924.

Inventaire des distilleries de Marie-Galante

Aujourd'hui, ce rhum est exporté et apprécié d'un grand nombre de personne. Sur place, il se déguste le plus souvent en ti-punch : alliance d'un trait de sucre de canne (ou de sirop de canne), d'un jus de citron vert et d'une bonne rasade de liquide à 59 degrés.

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